Genève, 03 Juin 2014: « La Libye, quel avenir ? »

Genève, 03 Juin 2014: « La Libye, quel avenir ? » est le thème retenu pour un débat sans précédent organisé mardi à Genève à l’initiative de la fondation Mohamed Benjelloun, une première du genre en vue d’explorer les pistes d’une réconciliation nationale interlibyenne. Les promoteurs de ce processus affirment vouloir mettre en place un cadre de débat pour les représentants des divers courants et sensibilités de la Libye, dans l’ambition de progresser vers des solutions aux problématiques dont elle pâtit depuis la chute du régime de Mouammar Kadhafi il y a trois ans.

Ont pris part à la première séance du dialogue des représentants du Congrès national libyen, d’organisations de la société civile, d’anciens membres du Conseil national de transition, des militants des droits de l’Homme, des universitaires et des avocats. Les personnalités libyennes présentes dans l’enceinte du Club suisse de la presse ont insisté sur le besoin pressant d’un travail de réflexion inter-libyen, au-delà de la logique de confrontation, pour trouver les moyens de soutenir la reconstruction du pays et de ses institutions.

M. Mohamed Benjelloun, fondateur de l’ONG du même nom, a émis le vœu de voir la Libye retrouver son chemin vers la paix et la normalité politique et économique, affirmant que « la parole est désormais aux Libyens eux-mêmes pour s’y mettre ». De son avis, une telle réunion représente en soi une réussite en l’état actuel des choses. « Ce sont 80 pc des villes libyennes qui sont représentées aux travaux du forum à Genève. Ce n’est pas une tâche facile », a-t-il déclaré à la MAP.

Cette première séance de débat, a-t-il indiqué, sera sans doute suivie d’autres réunions à l’avenir en vue d’approfondir la réflexion et de promouvoir le dialogue le plus large possible entre les différents parties libyennes. Le thème du débat, « la Libye, quel avenir? après la révolution, la réconciliation », est révélateur de l’approche salutaire et fédératrice tant souhaitée pour un dialogue national tourné vers l’avenir, a affirmé Khalifa Al Zawawi, procureur et ex-président du Conseil de Misrata.

« Notre priorité à présent doit être de redonner droits aux Libyens et de réparer les préjudices subis par les victimes », a-t-il fait valoir, estimant que l’Etat libyen « a raté jusqu’ici son rendez-vous avec la réconciliation ». Pour sa part, le politologue libyen, Mohamed Belkhir, a énuméré « les maux » de la société libyenne postrévolutionnaire, à savoir notamment « la faible performance » de l’exécutif et du conseil général (parlement), la montée de l’extrémisme, la loi de l’exclusion politique, la corruption et l’absence d’un processus de réconciliation.

L’accent a été mis sur l’état actuel de la scène politique en Libye et les préalables nécessaires pour sceller la réconciliation nationale globale.

Ce forum a été l’occasion d’un échange ouvert et transparent sur les perspectives de ce pays maghrébin, en dehors de toute considération politique, religieuse ou partisane. Il représente, selon ses initiateurs, « la première étape d’une série de rencontres de haut niveau pour tendre la main aux Libyens qui veulent sortir leur pays de la crise ».

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